Sous l’égide du Syndicat des
Professionnels de l’Industrie et des Mines du Sénégal (SPIDS) et du Ministère
de l’Industrie et de l’Artisanat, un déjeuner de l’Industrie a été organisé le
mardi 15 novembre avec au finish l’adoption d’une politique commune de
l’énergie visant à trouver d’autres
alternatives pour juguler ce problème.
[if !supportEmptyParas] 47 milliards de francs Cfa. C’est ce
qu’a dépensé l’Etat du Sénégal au niveau du secteur de l’énergie pour combler
le déficit du pays issu de la hausse vertigineuse des prix du pétrole. Une
somme astronomique qui s’explique par le fait que le Sénégal étant un pays non
producteur de pétrole, toute hausse des cours de ce produit se traduit
irrémédiablement par une facture plus lourde de ses importations.
« Les cours du brut ayant franchi la
barre des 70 dollars le baril nous faisons des sorties de fond importantes pour
palier les pertes de revenus de la Senelec qui sont de 22 milliards et investir
sur le gaz butane pour 25 milliards » a déclaré mardi Me Madické Niang, Ministre de l’Energie et des Mines, lors du
déjeuner de l’Industrie qui a regroupé l’ensemble des professionnels de ce
secteur.
En partenariat avec le Ministère de
l’Industrie et de l’Artisanat et avec le concours de l’Organisation des Nations
Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), le Syndicat des Professionnels
de l’Industrie et des Mines du Sénégal (SPIDS) a, en effet, organisé une série
de rencontre public/privé intitulées « les déjeuners de l’industrie » dans le
cadre du Plan d’Action de la Politique de Redéploiement Industriel (PRI) engagé
par le gouvernement.
Le SPIDS a voulu ainsi poser le
problème de la facture pétrolière que supporte le Sénégal en vue de favoriser
les échanges et les prises de décisions des acteurs du secteur de l’Industrie
qui sont les premiers touchés par ce phénomène.
Ces « déjeuners de l’industrie » visent
principalement le renforcement du dialogue entre les industriels et les
partenaires clés de l’Industrie, le renforcement des capacités de propositions
et de lobby des industriels de même que la sensibilisation des industriels sur
les questions économiques et sociales du pays.
Ces différentes rencontres mèneront à
la publication d’analyses et propositions des professionnels, des
administrations et des partenaires au développement sur des sujets intéressant
l’activité actuelle et future du pays dans le domaine économique et social.
Pour M. Christian Basse, Président du
SPIDS, les voies à utiliser devront être celle du développement des énergies
renouvelables et celle du respect des normes internationales en matière
d’environnement. « Il s’agira d’entrer non dans le moule d’une certification
ISO mais dans celui du développement durable » affirme-t-il.
Arborant les mêmes idées, M. Alain
Nickels, Directeur du Bureau de l’ONUDI de dire qu’ « au Sénégal les prix de
l’énergie sont extrêmement élevés par rapport à d’autres pays en développement
tel que l’Ile Maurice qui deviennent ainsi plus compétitifs au niveau du marché
international. Il est primordial pour assurer la croissance du pays de
travailler sur les énergies renouvelables ». Des initiatives ont dans ce sens
déjà été adoptées par des sociétés industrielles telles que la SONACOS qui
utilise l’énergie biomasse moins onéreuse et respectant davantage les normes
environnementales. Par ailleurs d’autres types d’énergies renouvelables comme
les biocarburants, l’utilisation énergétique des ordures ménagères ou encore
l’énergie solaire existent, et le Sénégal semble en être assez doté pour
répondre à ses besoins énergétiques.
Le pays qui importe en quantité du pétrole avec une énergie électrique qui
est principalement d’origine thermique a vu son économie nationale être touchée
de plein fouet par la hausse vertigineuse des cours du pétrole. En 2005, le
pays aura importé 1,6 millions de tonnes de pétrole brut et de produits
raffinés pour une valeur absolue de 340 milliards de francs Cfa contre 1,5
millions de tonnes en 2004 à 257 milliards de francs Cfa, soit une hausse de
32,2 % de la facture pétrolière en seulement une année. Les coûts des
combustibles ont aussi connu une forte hausse le prix du fuel étant passé de
121 515 francs Cfa la tonne à 230 903 francs Cfa la tonne, soit une hausse de
près de 90 %.
Quant au prix des carburants, il est à
noter la hausse de 29 % du prix à la pompe du super qui est passé de 514 francs
Cfa le litre au mois de janvier 2005 à
663 francs Cfa le litre au mois d’octobre 2005.
Le prix au consommateur du gasoil dans
le même temps est passé de 421 francs Cfa le litre à 540 francs Cfa le litre,
soit une hausse de 28 %.
En ce qui concerne le cas de la
Senelec, Me Madické Niang de dire qu’il faudrait davantage maîtriser ses coûts
de production car la société consomme
actuellement près de 400 000 tonnes de combustibles. « Il faut s’attendre à une
hausse prochaine du prix de l’électricité
car tous nos partenaires au développement disent qu’ils ne peuvent plus
continuer à supporter les pertes substantielles de la Senelec ».
Une situation préoccupante qui
nécessite dès lors une prise de conscience générale de la situation de
l’économie sénégalaise et l’émergence de
solutions idoines si le pays veut répondre à ses impératifs de
développement et de croissance économique.
Dans ce cadre, le Ministre de l’Industrie et de l’artisanat, a
emboîté le pas à tout le monde en proposant en collaboration avec le Ministère
de l’Energie et des Mines et le SPIDS la mise en place d’une commission devant
se réunir prochainement en vue d’apporter des solutions efficaces aux questions
les plus urgentes.
Les recommandations effectuées par le
biais de M. Michel Seck, Directeur Général de la Société Africaine de Raffinage
(SAR) vont dans le sens d’une organisation d’un conseil présidentiel sur
l’énergie ainsi qu’une réactivation du plan de développement des énergies renouvelables.
Ceci sans oublier une régionalisation
du plan stratégique qui passe par la mise en place d’un fonds de stabilisation
au niveau de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), autrement
dit un stock de sécurité qui permettrait de faire face aux éventualités futures
des cours mondiaux du pétrole.
Le Syndicat des Professionnels de
l’Industrie et des Mines du Sénégal regroupe près de 97 entreprises, réparties
dans sept sections (agroalimentaire, emballage, matériaux de construction,
chimie et plastique, textile et confection, mécanique et métallurgie et énergie
et mines).
Ces
entreprises emploient environ 21 000 permanents, réalisent un chiffre
d’affaires de 1 500 milliards et représentent plus de 90 du secteur industriel
formel.