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La capitale sénégalaise a
abrité les 14, 15 et 16 novembre 2005, la Conférence permanente des Chambres
Consulaires Africaines et Françaises (CPCCAF). La conférence vient d’élargir
ses bases dans les pays francophones en faisant une retouche sur son sigle. Le sénégalais
Mamadou Lamine Niang qui succéde
à Paul Obambi à la tête de l’organisation consulaire compte mettre en place
de nouveaux projets pour donner du sang neuf à la CPCCAF.
La 31ème Conférence
Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Française(CPCCAF) a vécu.
L’occasion pour les chambres consulaires (de Commerce, d’industrie,
d’agriculture, de métiers et d’artisanat) de Belgique, de France, du Maroc
et des autres pays francophones d’Afrique de renforcer la coopération entre
les pays du nord et du sud. La capitale sénégalaise a accueilli plus de 250 délégués,
opérateurs économiques étrangers des pays membres de cette organisation
consulaire créée en 1973 sur l’initiative des présidents Georges Pompidou,
Houphouët-Boigny et Léopold Sédar Senghor.
L’élection du nouveau Président
en la personne de Mamadou Lamine Niang et d’un nouveau bureau à l’unanimité
vient marquer la fin de trois ans de mandature de l’équipe dirigée par Paul
Obambi. Une élection qui a sans doute été un des temps forts de cette conférence.
Une présidence qui doit migrer de l’Afrique centrale vers l’Afrique de l’Ouest
pour «répondre à ce principe d’alternance géographique» dira Julien
Bouilhol, le délégué permanent de la CPCPCAF dépêché à Dakar pour les
besoins de l’organisation. C’est donc l’application de ce principe qui a
mis en pôle position le sénégalais Mamadou Lamine Niang Président de la
CCIAD. En dehors de ce changement à la tête de la Conférence, Dakar, qui a vu
naître la CPCCAF, consacre sa mue avec le changement de sigle qui va entraîner
l’élargissement de l’institution à la Belgique, au Canada, et tous les
autres pays francophones. Le sigle de CPCCAF (françaises) devient CPCCAF
(francophones). «Cette nouvelle appellation n’est pas purement sémantique,
mais il traduit une réalité de fait, à savoir l’élargissement aux pays
francophones que sont la Belgique, et, demain le Luxembourg et le Canada» a
souligné l’ambassadeur de France à Dakar André Parant.
Ce que Paul Obambi Président
sortant de la CPCCAF qualifie de « place particulière que joue Dakar dans
l’histoire de la conférence ». Un Président sortant qui a pu
enregistrer un « bilan qui se décline en quelques changements ».
Selon M. Obambi, depuis 2002, le réseau de coopération a participé « au
renforcement institutionnel de nombreuses chambres consulaires africaines, et a
aidé à la professionnalisation des services aux entreprises et de la formation
professionnelle »
La CPCCAF a financé au cours
de cette même période avec l’appui du ministère des affaires étrangères
de France, 8 projets par an en moyenne pour un montant total d’un million d’euros
environ. Soit un total de 35 projets qui s’inscrivent dans une logique d’intégration
régionale.
La conférence a connu des évolutions,
et le rendez-vous de Dakar de
l’avis de M.Obambi marque « la volonté des chambres consulaires
africaines de renforcer et développer leurs liens, de promouvoir le développement
économique et de contribuer fortement à l’émergence d’un secteur privé
africain structuré, performant et capable de s’imposer dans les nouveaux
espaces qui se dessinent au niveau africain, à travers l’intégration régionale,
comme au niveau euro-africain avec les futurs Accords de Partenariat Economique
ACP-UE»
Cet élargissement répond à
la nécessité de promouvoir la coopération Sud-Sud et de donner une dimension
européenne à la conférence. Ce que le nouveau Président de la Conférence
considère comme « une adaptation aux évolutions telle que la
mondialisation des économies ». La CPCCAF est aujourd’hui la seule
structure de coopération véritablement multifonctionnelle où les projets ne
sont pas conçus par les chambres consulaires du Nord pour celles du Sud mais
entre les opérateurs et les bénéficiaires qui se rencontrent régulièrement »
a fait remarquer M.Niang.
Pour sa part, l’ambassadeur de France à Dakar, souligne que
la conférence est devenue, un cadre privilégié de dialogue entre structures
consulaires africaines et françaises. Il ajoute que la CPCCAF s’est aussi
imposée comme « un vecteur essentiel de coopération entre
partenaires animés par la même volonté d’apporter leur contribution au développement
du secteur privé en Afrique dans une dimension Nord-Sud, mais aussi de plus en
plus vers le Sud-Sud ».
Il faut aussi noter que la
conférence n’a pas pour mission d’aider directement les opérateurs économiques
africains, mais plutôt d’intervenir dans les structures africaines dont la
mission est d’appuyer le développement du secteur privé et des opérateurs
africains dira M.Bouilhol. Des priorités sont dès lors fixées par la nouvelle
mandature. Il s’agit de l’appui institutionnel englobant l’appui à
l’organisation d’élections des chambres consulaires et la formation des élus
et cadres de ces chambres consulaires.
Une deuxième priorité
concerne le développement des entreprises avec un volet consistant à la mise
en place d’un fichier d’entreprise pour promouvoir les économies des pays
concernés.
La troisième priorité sera
la formation professionnelle pour identifier les besoins des entreprises et
mettre en place des filières en rapport avec les besoins des entreprises. A ce
titre, affirme M. Bouilhol « il est bon de former le personnel des
chambres mais les former avec un emploi à la clé c’est encore mieux ».
La conférence a aussi une
mission d’investissement en infrastructures. D’où la volonté émise par
les chambres africaines de développer les infrastructures industrielles et
commerciales dont auront besoin les opérateurs.
La cinquième priorité sera
axée sur le développement de la médiation et de l’arbitrage. Ces ambitieux
projets qui seront dorénavant managés par le candidat sénégalais, ne connaîtront
pas les récurrents obstacles de financement. Car rassure M.Pierre Simon, Président
de la Chambre de Commerce de Paris, représentant l’ensemble des chambres
européennes, « Nous avons aujourd’hui les subventions des bailleurs de
fonds, qui peuvent être à Bruxelles ou à Paris notamment le ministère des
affaires étrangères et nous avons à justifier pleinement, clairement
la manière dont nous utilisons les fonds ».
Aujourd’hui, la CPCCAF est un réseau de 7.500.000 opérateurs
économiques répartis dans 20 pays représentés par 57 chambres consulaires
dont 21 françaises et 36 africaines. Avec l’arrivée de la Belgique et
d’autres pays africains, le réseau va s’élargir davantage. A cela
s’ajoutent les nouveaux pays qui ont frappé à la porte de la Conférence.
C’est le cas du Cap Vert, de la Guinée Bissau, de l’Algérie comme
observateur, de la Tunisie et de Haïti. Parmi ces nouveaux venus, celui qui est
le plus bénéfique, pour le Sénégal constitue la chambre de commerce et
d’artisanat de la Vendée qui se situe dans l’ouest de la France dans le
pays de la Loire. Un département touristique de 550.000 habitants et qui a
9.600 entreprises. Un département à forte densité artisanale, un artisanat
consistant. La Chambre des Métiers et d’Artisanat de la Vendée est jumelée
à la ville de Tambacounda de l’avis de son Secrétaire Général Philippe
Seguin.
Cette 31ème conférence est
de l’avis de Mamadou Lamine Niang une transition car « de conférence
permanente France- Afrique, elle va devenir une conférence France- Pays
Francophones ».
Même si les prochaines négociations
commerciales n’ont pas été inscrites dans l’ordre du jour du CPCPCAF, elle
n’en demeure pas moins une préoccupation des chambres consulaires. De
l’avis de Pierre Simon, la CPCCAF est « un partenaire direct de l’OMC ».
Ce qui est important pour lui c’est « qu’il y a une collaboration étroite
entre la France et l’ensemble des pays africains, Maghreb, Afrique de l’Ouest,
Afrique Centrale, Afrique de l’Est pour dégager des positions communes ».
Mamadou Lamine Niang
prend les rênes
L’homme venait tout juste de
débarquer à Dakar avec son diplôme M.B.A HEC en poche de l’Ecole
Jouy-en-Josas (1973) ainsi qu’une Licence es Sciences Economiques à
Grenoble(1970) en France. « Nous sommes en août 1973 lorsque j’ai dit
au revoir à mes professeurs pour débarquer à Dakar ». A l’époque,
nous renseigne M. Niang, tout diplômé de l’Hexagone avait l’obligation
d’aller s’inscrire au service de la main d’œuvre. La coïncidence a fait
que son profil était celui tant recherché par la Chambre de Commerce de Dakar
au poste de Secrétaire général. Et M. Niang était l’homme providentiel.
« Un tour du destin assez incroyable » pour M. Niang qui avait comme
premières tâches de rédiger les statuts de cette grande conférence dont il
est appelé aujourd’hui à assurer la présidence. L’homme semble être en
terrain connu pour avoir acquis une somme d’expériences dans les différents
postes occupés comme Directeur Général de DICOPA (Usine de parfumerie),
Directeur Général de SOSEDA(filiale automobile du groupe SCOA), Délégué Général
du Groupe SCOA pour l’Afrique de l’Ouest), Directeur Général de Equip Plus
(Equip Plus est une SA au capital de 262.500.000 FCFA qu’il a lui-même créée
en 1988. Cette société est spécialisée dans le matériels agricoles et les
travaux hydrauliques.
De 2004 à nos jours Niang est
à la tête du conseil d’administration de Equip-Plus, de Isol (Industrie sénégalaise
des produits solaires). Des postes qu’il cumule avec la présidence de la
CCICAD et la présidence de l’UNCCIAS.
Administrateur de la Sénégalaise
de l’Automobile, M. NIang participe aussi en tant qu’actionnaire au Conseil
d’Administration d’autres Sociétés sénégalaises ;
De quoi avoir mérité les décorations
comme Chevalier de l’Ordre du Mérite de la République française et
Chevalier de l’Ordre National du Lion du Sénégal.
L’organisation de cette
dernière Conférence des Chambres consulaires en est une parfaite illustration
comme l’a du reste apprécié son homologue de la Chambre de Commerce de Paris
Pierre Simon qui lance «un très grand bravo aux Sénégalais parce que je sais
la difficulté à tenir une conférence de ce genre. Cet AG a été
magnifiquement gérée d’un bout à l’autre, d’une main de maître par le
Président Lamine Niang et par toutes les équipes».