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Le Matin est un quotidien sénégalais d'informations générales créé en janvier 1997 par un groupe de journalistes sous l'impulsion de l'imprimeur Baba TANDIAN président du Groupe Tandian Multimedia éditeur du journal. Le Directeur de Publication Assane Samb (assamb2003@yahoo.fr)
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LES 10 ANS DU MATIN |
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Re-bonjour, Le Matin de tous mes… matins !
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| [ 12/01/2007 ] |
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S’il devait y avoir une saison autre que les quatre saisons reconnues durant toute l’année, elle serait celle d’une folle envie d’apprendre et de réunir, dans le creux de ma paume, les premiers billets gagnés à la sueur de mon front pour, enfin, contribuer aux charges familiales. Et c’était surtout la saison d’un enthousiasme inoxydable au contact de la gloriole facile sur la scène médiatique.
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Habib Demba Fall
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Commençons alors par le début : le soleil de mon Matin, en vérité, a point un jour de l’année 1996. Au mois de novembre plus précisément. Ce n’était pas au Point E, à l’actuelle Rue des Ecrivains qui abritait le premier siège du quatrième quotidien sénégalais avant l’actuel local yoffois. C’était plutôt aux Sicap Liberté V, chez Boubacar Boris Diop, siège du mensuel « Démocraties ». Cela peut paraître déroutant, mais je vais vous dire pourquoi. Je venais de finir mon second stage dans une autre grande école de la presse sénégalaise, le Wal Fadjri des Tidiane Kassé, Jean Meïssa Diop, Abdourahmane Camara, Ousseynou Guèye et autres. J’entrevoyais ma dernière année au Cesti comme devant être entrecoupée de temps morts vu la configuration assez souple de l’emploi du temps. Marchant un jour sur l’avenue Blaise Diagne, j’étais émerveillé par les témoignages de mon ami et camarade de promotion du Cesti Yoro Dia sur la qualité de sa collaboration avec des signatures prestigieuses comme Boubacar Boris Diop, Mame Less Camara, Pape Samba Kane et feu Alain Agboton. Je l’ai suivi, après avoir rédigé deux articles nés de ma passion pour la culture : le concept de world music au Sénégal et l’engagement des artistes musiciens en faveur des causes sociales. Le maître des lieux, Boubacar Boris Diop, était absent du Sénégal, mettait la dernière main à son roman ‘’Le cavalier et son ombre’’. Plus tard, Yoro m’a dit que les « Grands » avaient aimé le contenu et le style. A la fin d’une réunion de rédaction fort intimidante pour moi, Souleymane Ndiaye m’a invité à tenter l’expérience d’un nouveau quotidien, Le Matin. Et je suis venu, timidement, retrouvant l’essentiel des plumes citées plus haut au Point E, aux côtés de Sidy Diop, Aliou Ndiaye, Ibou Fall, Moustapha Sène, Mamadou Sy, Abdoulaye Ndiaye, Boubacar Seck, Mamadou Pascal Wane, Souleymane T. Koné, et Massamba Mbaye. Ce dernier, généreux, m’a tendu la perche en culture après Boubacar Seck le sage attentionné en société. Il me ramenait, peut-être sans le savoir, à ma passion. Mon premier article a été publié dans le troisième numéro. Et depuis, j’ai pu enchaîner les reportages. C’est plus tard que j’ai appris que l’un d’eux, réalisé sur les sites inondées de Gounass et Mousdalifa, a plu à Boris et allait m’ouvrir les portes d’une bénéfique collaboration littéraire. C’était titré « Trois saisons en enfer » en référence à « Une saison en enfer » de Rimbaud. Je ne demandais pas encore ce que je pouvais gagner en écrivant A mon, départ, Georges Lou’ Oconnor, alors Secrétaire général, m’a dit ceci : « Mon fils, Boris m’a dit que tu avais une écriture puissante après avoir lu ton reportage. Je pense la même chose et j’en suis fier. Continue dans cette lancée et prends soin de ta maman ». Elle était touchante, cette bienveillance qui n’a en rien émoussé la rigueur chez l’homme. Cela m’a permis de comprendre la démarche de Boris, alors Directeur de la Rédaction. Il cherchait à savoir (il l’avait lu à travers mes reportages !) si je m’intéressais à l’écriture littéraire. Il m’a ouvert les portes d’un atelier d’écriture et d’un ouvrage collectif paru aux Nouvelles éditions africaines du Sénégal (Neas) sous l’égide de Nawao Productions, une structure basée en Suisse. Depuis cette date, son avis compte sur mes écrits et mes projets d’écriture. Je garde en mémoire son fameux mot prononcé chez lui : « Il faut apprendre à te faire mal car il y a un parcours initiatique que tu dois suivre en littérature ». Il fait prendre conscience d’un potentiel et de l’immense travail qui m’attendait. Le Matin, c’était aussi le temps de l’insouciance. Le temps où je ne demandais pas encore ce que je pouvais gagner en écrivant des articles. Le temps des enthousiasmes forts. C’est ainsi qu’un jour, Pape Samba Kane m’a fait appeler dans son bureau, à l’étage. « Je lis ce que tu écris et je t’encourage. Mais j’ai aussi besoin de connaître tes prétentions », me dit-il. Oh oui ! la fin du mois approchait et avec elle les impératifs comptables à moi étrangers. Je n’ai pas donné un chiffre. Mais j’étais heureux, à la fin du mois, de toucher un peu plus que le montant de ma bourse entière et, quelques mois plus tard, le triple. Le Matin, c’était encore le temps des petites bouderies. Tenté par une aventure, je me suis éclipsé quelque temps avant d’être rappelé à l’ordre, de manière très émouvante, par « père » O’Connor. Cette séquence m’a produit le charme d’une fameuse phrase de Pape Samba Kane : « Il faut soigner tes arrières. Tu as vu, lorsque Diop (le caricaturiste du Cafard Libéré Mamadou Diop) est décédé, mes anciens collègues ont fait appel à moi pour écrire le témoignage. Tout ceci parce que j’ai gardé de bons rapports avec eux ». Conseil très précieux. Subsistait alors en moi le sentiment d’un énorme gâchis Le Matin, c’est aussi la découverte de Baba Tandian. Il en voulait, le boss ! Toujours aux petits soins, un bol de méchoui tiré de sa voiture et un mot réconfortant pour les journalistes. Même lorsque ceux-ci l’ont fait convoquer dare-dare avec une menace de non-parution. Il a su trouver le mot pour détendre : « Vous les journalistes, je respecte votre travail. Je me demande même comment vous faites pour remplir ces pages. Cela doit être difficile ! » L’ambiance était bonne. Il y avait la théière de l’humble aîné Thierno Talla, les chroniques d’Alain Agboton (qui était mon encadreur au Cesti), l’humour gentiment offensant de Ibou Fall, les entourloupettes à la plume de Aliou Ndiaye et de Mamadou Alpha Diallo. Moustapha Sène nous fascinait, Sidy Diop s’affirmait, Boubacar Seck était un régulateur pour nous. J’ai vécu une année pleine avant de partir pour Wal Fadjri. Ce journal était, en vérité, une grand format de son célèbre billet « Daw Thiow » : de l’esprit et de la simplicité la fois, de la gaieté, de l’humour, de la précision, de la concision et du sérieux. La somme de ces qualités constitue le « bonjour » matinal que… Le Matin adressait à ses lecteurs. J’ai souvenance du trac qui m’a tétanisé quand Boris que j’appelais encore « Monsieur Diop », pour la première fois, m’appela pour que je me livre à l’exercice du billet que je croyais réservé aux seuls « Grands ». L’examen de passage a déchaîné en moi une envie bien encadrée par Alain Agboton. Amusé, PSK nous a toutefois mis en garde : « On ne fait pas un journal satirique ». Est-ce son passé de « cafardeux » qui le narguait ? Il y a quelques années, il m’est arrivé d’effeuiller de vieux exemplaires de notre journal qui en avait bousculé bien d’autres. Subsistait alors en moi le sentiment d’un énorme gâchis. Le réconfort est à chercher dans un autre sentiment, celui-là de profond respect pour la plume qui a résisté à cette bourrasque du temps et les turbulences du village médiatique sénégalais : Massamba Mbaye. Un modèle de fidélité et de patience. Il tient la barre, droit, serein et constant. Au nom de tous ceux qui ont partagé un rayon d’enthousiasme. Voilà donc ma manière de dire « re-bonjour » au Matin de tous mes matins ! Ce journal qui est une partie ineffaçable de ma trajectoire. J’ai été long « Mass ». Comme d’hab’ quoi ! Pour une fois que tu m’aies permis de retrouver mes bonnes habitudes enthousiasmantes
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Habib Demba FALL, Directeur des Rédactions de la SSPP Le Soleil
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