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L'ACTUEL
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| INTERVIEW |
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Awa Diop, Présidente Nationale des Femmes Libérales : ”Le Pds, un volcan qui ne s'éteint jamais”
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| [ 02/10/2005 ] |
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Awa Diop est député, questeur à l'Assemblée nationale, Présidente du Collectif des Femmes Parlementaires, et last but not least, Présidente Nationale des Femmes du Pds. C'est cette dame aux convictions fortes et à la générosité de cœur et d'esprit que "L'Actuel" a rencontré pour des échanges à bâtons rompus.
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- Mme la Présidente voulez-vous tout d'abord sacrifier à la tradition en vous présentant à nos lecteurs ?
- Avec plaisir ! Cependant, vous conviendrez avec moi qu'il est souvent très difficile de parler de soi-même. Soit on n'en dit pas assez ou bien l'on en dit trop. Mais pour l'essentiel et pour répondre, précisément, à votre question, sachez que je m'appelle Awa Diop, suis léboue et fière de l'être ; j'ai eu, en outre, le privilège de faire partie des citoyennes de ce qui furent les 4 Communes : Dakar, Saint Louis, Gorée, Rufisque. Rufisquoise, j'habite le quartier populeux de Diokoul Ndiourène, au bord de la mer. Au plan scolaire, j'ai fait mes humanités à l'Ecole Municipale de Rufisque ou j'ai décroché mon CEPE. Après mes études secondaires (jusqu'en classe de 3ème) j'ai, entre temps, été contrainte d'abandonner lesdites études pour raison de mariage. Là, vous me permettrez d'ouvrir une parenthèse pour signaler que chez les Lébous, la tradition veut que la jeune fille soit très tôt donnée en mariage. C'est ce qui explique, d'ailleurs, que je n'ai pas pu suivre davantage les études. Mais Dieu merci. M'étant donc mariée en 1967, je suis devenue mère de 4 enfants : 2 garçons et 2 filles. Et puis, par un heureux concours de circonstance, je m'inscris à la section Secrétariat des Cours "Cantara" de Dakar où j'obtins mon diplôme de Secrétaire-dactylographe. Ce qui m'ouvrit les portes de la mairie de Rufisque où j'ai exercé sous l'autorité de Malèye Sène, alors Adjoint au Délégué du Gouverneur de la région du Cap-Vert. Après la mairie de Rufisque, je mis le cap sur la Maternité de l'hôpital A. Le Dantec, plus exactement, au Bureau des entrées. De fil en aiguille je me retrouvais à la direction régionale de L'OMS à Dakar. Finalement j'ai, de là-bas, fait un départ volontaire en vue de m'investir dans le créneau porteur qu'est le Commerce. Ce qui, du reste, me donna l'opportunité de beaucoup voyager. Si vous m'autorisez une autre parenthèse, ce sera l'occasion pour moi de mettre fin définitivement (je l'espère) à cette rumeur tenace voulant faire croire que je suis inculte ou, à tout le moins, suis incapable de m'exprimer dans la langue de Molière. Je vais donc vous raconter cette anecdote-ci : En 1994 lors d'un séjour en France, dans le cadre du Groupe d'Amitié France-Sénégal, dont je fus la seule femme parlementaire sénégalaise, je fus choisie par mes collègues députés pour prononcer un discours. Et s'il vous plaît en français. Au terme de celui-ci, il me souvient que ce fut l'ancien maire de Mbour, Moussa Ndoye, certainement surpris et / ou séduit, qui m'interpella pour me demander les raisons pour lesquelles je ne m'exprimais jamais en français au niveau de l'Assemblée nationale du Sénégal. Comme vous le devinez, ma réponse ne s'est pas fait attendre ; car lui ai-je rétorqué : "Quand je suis au Sénégal, quand je m'adresse aux Sénégalaises et aux Sénégalais, je leur parle dans la langue qu'ils semblent, à mon sens, maîtriser le mieux, c'est-à-dire le wolof. Si j'ai donc convoqué cette anecdote, c'est un peu pour mettre les points sur les i à ceux qui affirment, si gratuitement, que la députée Awa Diop est une illettrée. Eh bien, ceux-là, ont, malheureusement, fait fausse route. Awa Diop, députée, 2ème Questeur de l'Assemblée Nationale, Présidente de la Fédération Nationle des Femmes du Pds, s'exprime parfaitement bien en français.
- Entre la politique et Awa Diop qui est allée à la rencontre de l'autre ?
- J'ai, comme qui dirait, la politique dans le sang. Je suis née avec, dans la mesure où le "virus" m'a été transmis par Papa et Maman qui à l'époque ; à la belle et faste époque de la SFIO (avec Ousmane Socé Diop) étaient les réponsables de ce parti dans notre quartier. L'impliction politique de mes parents fut telle qu'ils me fut impossible de m'y soustraire. Et Dieu sait que notre maison ne désemplissait jamais tant elle grouillait de monde, à telle enseigne que chaque jour c'est comme s'il y avait bâptème chez nous. Tant les repas y étaient servi, en abondance, aux nombreux militants de la SFIO. C'est dans cet environnement, tout de bouillonnement politique fait, que j'ai pris mes marques et repères, fort de cette chaleur humaine dont seule la politique a le secret, pour faire, au contact de l'autre et de tous les autres, mes classes, politiquement parlant. C'est, du reste, dans ce terreau fertile que j'ai essayé, avec l'appui de mes vénérés parents, de me forger, en toute lucidité et en toute humilité, un destin politique. Pour lequel Me Abdoulaye Wade m'a été d'un apport déterminant voire irremplaçable.
- Quand et comment êtes-vous entré au Pds ?
- Si ma mémoire ne me joue pas des tours, c'est le 2 février 1975 (décreté en ce temps-là Année internationale de la Femme par L'ONU) que j'ai signé mon entrée au Pds. Et ce, par l'inermédiaire de Samba Samaké, alors Secrétaire général de la Fédération Pds de Rufisque.
- Quid de vos relations avec Me Abdoulaye Wade ?
- Ce que je puis vous en dire c'est que c'est en 1978 que Me Abdoulaye Wade est venu chez nous à Diokoul Ndiourène dans le but de prendre contacts, directement, avec ma famille. Il me souvient qu'en cette occasion-là, et j'en parle avec émotion, mon père qui était fidèle en amitié et en engagement, avait tenu à préciser à l'intention de Me Wade que la nature et la qualité de ses relations avec Senghor ne lui permettaient pas de militer dans un parti autre le Ps. Cependant il avait dit, comme pour le rassurer, ceci à Me Wade : "Je te confie Awa Diop et je souhaite, très sincèrement, que vous cheminez ensemble jusqu'à la victoire finale". Et s'adressant à moi particulièrement mon père Ismaïla Diop (que Dieu l'accueille en son paradis) me tint ce langage-ci : "Awa Diop, je te demande de ne jamais trahir Me Wade ; qu'il accède au pouvoir ou non". Dieu merci, je n'ai jamais pris à la légère cette recommandation de feu mon père. C'est pourquoi, je serai toujours, quoi qu'il arrive, quoi qu'il m'en coûte, aux côtés d'Abdoulaye Wade.
- Les qualités et les défauts de Me Wade ?
- Le Président Abdoulaye Wade, par ailleurs Secrétaire général National du Pds est un homme honnête et juste. Ce qu'il déteste le plus c'est le fait de venir auprès de lui pour dire du mal de quelqu'un. Il s'y ajoute qu'il est d'une générosité et d'un humanisme difficiles à égaler. D'ailleurs avant même qu'il n'ait accédé à la tête de la magistrature suprême du Sénégal il a beaucoup aidé les membres de sa famille. De même qu'il s'est toujours évertué à répondre positivement aux nombreuses sollicitations de ses compatriotes. Cela personne ne peut, ne saurait le nier. Maintenant à propos de défaut, s'il faut en parler, on peut dire que Me Wade a été et est souvent victime de sa bonne foi. Jamais homme n'a été aussi trahi que lui. Mais, malgré tout, il prouve, avec éloquence, qu'il n'est par rancunier. Et je sais de quoi je parle.
- Venons-en, à présent, aux 5 ans d'Alternance politique au Sénégal. Sous ce rapport, l'opposition considère que cette alternance-là a été une véritable catastrophe nationale. Etes-vous de cet avis ?
- Comment voulez-vous que je partage cet avis qui jure d'avec la réalité. Evidemment, nous comprenons cette attitude négativiste à souhait de cette opposition qui parce que prise de court par les évènements, que dis-je, les mutations voulues par le peuple Sénégalais en est réduite, depuis ce fameux 19 mars 2000 jusqu'au jour d'aujourd'hui, à donner dans la critique facile et dans la démagogie. Mais il se trouve que le peuple Sénégalais est un peuple mûr, majeur ; donc difficile à mener en bateau. C'est la raison pour laquelle il me plaît de rappeler que le premier acte posé par le Président Abdoulaye Wade a consisté à faire en sorte que ses compatriotes puissent distinguer la bonne graine de l'ivraie. Car, en effet, durant tous les 40 ans de règne (marqué du sceau de l'arrogance) du régime socialiste, le peuple a été complètement endormi, surtout au niveau des femmes qui ont été livrées à elles-mêmes. Evidemment, il n'y a pire aveugle que celui qui ne veut rien voir. Il nous suffit, tout simplement, de vous inviter à vous référer aux efforts gigantesques qui ont été déployés par le régime de l'Alternance en matière d'Education, de Santé, d'Infrastructures, de Performances Economiques (et la liste est loin d'être exhaustive) pour se convaincre que Me Wade et son équipe ont, pour l'essentiel, bel et bien, répondu aux attentes du peuple Sénégalais. De toutes les façons, nous n'entendons pas nous arrêter en si bon chemin. Car qui connaît Abdoulaye Wade, sait qu'il est un homme de défis, en phase avec les aspirations de son peuple. Un homme plein de courage et de détermination et qui s'est résolument mis au service de son pays, le Sénégal. Mais aussi en celui de l'Afrique pour laquelle il se bat, de manière opiniâtre et désintéressée, pour que notre Continent obtienne la place devant être véritablement la sienne, dans ce monde d'aujourd'hui. Ce combat, vous vous en doutez, est certes difficile, mais l'auteur d'un "Destin pour l'Afrique" entend le mener jusqu'à la victoire finale. De ce point de vue-là, le NEPAD constitue un atout majeur. Par ailleurs, pour avoir réalisé, pour avoir construit, nous savons qu'il n'y a pas d'action, de réalisation et / ou de construction sans échec ; sans mille et une difficultés à surmonter. C'est cette dialectique-là que l'opposition ignore. Et c'est à dessein. Cependant en dressant, sans complaisance, le bilan des 5 années d'Alternance politique au Sénégal, on peut affirmer, sans démagogie, que notre pays est sur la bonne voie. Et ce grâce, encore une fois, à Abdoulaye Wade qui aime le Sénégal ; "de cet amour seul capable de faire verser des larmes" , comme dirait Me Lamine Guèye Bakar Waly Anta Ndiaye".
- A en croire certains analystes politiques, le Pds s'il n'est pas en agonie va très mal. Et ils n'hésitent pas à lier ces maux dont souffrirait votre parti, à l'exclusion d'Idrissa Seck de vos rangs. Quel commentaire de telles assertions vous inspirent ?
- Pour répondre à cete question vous me permettrez d'user de métaphore. Ce faisant je vais faire appel aux "Xaalu Ndeff" (braises sous la cendre). Un peu pour dire que si, d'aventure, vous commettez l'erreur d'y mettre le pied vous le regrettez amèrement, car vous n'y verrez que du feu. En clair, je persiste et je signe, je clame haut et fort que le Pds ; ce Pds forgé, patiemment, méthodiquement, courageusement et, parfois, même au péril de sa vie, par Me Wade... ce Pds-là est un volcan qui ne s'éteint jamais.
- A suivre
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Mame Ongué Ndiaye
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Dernière mise à jour : dimanche 2 octobre 2005
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