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Assurance : la Fanaf évacue le risque politique
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| [ 28/11/2005 ] |
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La 10ème réunion de marchés des compagnies membres de la Fédération africaine des sociétés d’assurance de droit national a été l’occasion pour les assureurs et réassureurs africains de réfléchir sur la problématique de l’assurance des risques politiques. En attendant de trouver une solution idoine, ils ont décidé d’évacuer ces risques de leur champ de couverture.
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La 10ème réunion des marchés des
assurances de la zone Fanaf (Fédération africaine des sociétés d’assurance de
droit national) s’est tenue à Dakar le 7 novembre 2005. De l’avis du président
de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurance (FSSA), les réunions des
marchés ont atteint un niveau d’efficacité et d’utilité qui peut se mesurer à
la présence massive des délégués à chaque rencontre. Pour sa part, M. André Bayala,
le président de la Fanaf estime que «la réunion des marchés est pour nous une
occasion de retrouvaille, d’échanges d’expérience, de partage de solutions aux
différents problèmes que nous vivons. Elle nous donne l’occasion de mesurer
notre action dans le temps et dans l’espace et de prendre, dans la
concertation, des solutions pour aller de l’avant».
Parmi les problèmes auxquels la réunion
de Dakar avait à se pencher, figurait la problématique de l’assurance des
risques politiques en Afrique. Il faut dire que ce problème est d’une certaine
acuité eu égard aux nombreux troubles et événement à caractère politique qui
secouent notre continent depuis quelques années mais aussi et surtout les
récents évènements en Côte d’Ivoire. Dans ce pays justement les dégâts liés à
la crise politique ont été évalués à pas moins de 300 milliards de francs.
Selon les réassureurs africains, compte
tenu de la dégradation progressive de l’environnement africain, il est d’une
impérieuse nécessité d’exclure les risques politiques du champs de couverture
des compagnies d’assurance. C’est le sentiment du directeur général de
Africa-Ré. M. Mohamed Omari de Best-Ré estime quant à lui nécessaire de prévoir
«un balisage clair des frontières entre l’événement à caractère politique et l’événement
à caractère non politique au risque de voir tous les événements tomber sous le
chapeau des événements politiques ou à caractère politique qui verra une
exclusion quasi systématique de tels événements assurés».
Cette préoccupation recoupe celle d’autres
assureurs qui estiment que la frontière entre ce qui est un risque politique et
ce qui ne l’est pas n’est pas à ce jour très nette. Une certaine ambiguïté
existe encore. C’est la raison pour laquelle le marché sénégalais des
assurances suggère à ses pairs africains de supprimer de la rédaction de la
clause Fanaf 1 et Fanaf 2, notamment au chapitre 2, la notion de «caractère
politique». Selon les représentants de ce marché, «la frontière entre un
mouvement populaire, émeute, … à caractère politique ou non ne paraît pas
toujours visible et évidente».
A la suite des Sénégalais, plusieurs
marchés africains feront des propositions d’exclusion des risques politiques
avec à l’appui des rédactions de clauses. C’est le cas notamment des marchés
ivoiriens, tchadiens et mauriciens. Par exemple, les assureurs ivoiriens
proposent de rayer le terme politique de la définition du mot Emeute. Ainsi
selon eux, la nouvelle mouture serait libellée de la sorte «Emeutes : tout
mouvement tumultueux… pour obtenir…la réalisation de revendications économiques
et/ou sociales mettant ainsi en péril la sécurité et l’ordre social». Après
concertations entre assureurs et réassureurs, une nouvelle clause dénommée
Clause Fanaf 01/2005 a été proposée et adoptée (lire voir ci-contre).
Pour autant, cette nouvelle clause qui
exclut le risque politique du champ de couverture des compagnies d’assurances
ne règle pas définitivement le problème. D’ailleurs certains courtiers
estiment, au regard des risques auxquels sont confrontés les clients, qu’on ne
peut pas évacuer tout bonnement les risques politiques car faisant partie de la
vie de l’entreprise. Cette réflexion n’est pas éloignée de celle d’un assureur
qui soutient que les compagnies d’assurances doivent se préoccuper des besoins
de leurs clients et non leur imposer ce qu’ils peuvent assurer.
En tout état de cause, prévient un
autre assureur, le risque de délocalisation du risque politique est bien réel.
C’est pourquoi certains professionnels des assurances invitent leurs pairs à
penser à l’avenir en réfléchissant par exemple sur la mise en place d’une
structure spécialisée pour garantir le risque politique. Le président Bayala
révèle que trois techniciens des assurances et des réassureurs sont en train de
réfléchir sur cette proposition. Pour M.Bayala, la réflexion continue car le
rôle des assureurs est de fournir une couverture des risques chaque fois qu’ils
se présentent.
La nouvelle clause Fanaf 01/2005
La clause Fanaf 01/2005, qui est applicable à compter du
1er janvier 2006 stipule au chapitre «Garantie» que l’assureur garantit les
dommages matériels autres que ceux visés au chapitre «Exclusion» ci-après
directement causés aux biens assurés par des personnes prenant part à des
grèves, émeutes et mouvements populaires ou commettant des actes de vandalisme
pour autant de ces événements ne revêtent pas un caractère politique tel que
défini en annexe ; des actes de sabotages dans le cadre d’actions
concertées ; toute autorité légalement constituée, du fait des mesures
prises à l’occasion des événements ci-dessus énumérés, pour la sauvegarde des
objets assurés.
Selon la clause Fanaf 01/2005, il est
entendu que les pertes ou dommages qui résulteraient directement de conflits de
travail, lock-out ou grèves organisés en vue d’un changement social ou
économique, et qui ne revêtent pas un caractère politique, ne seront pas exclus
de la garantie. En annexe, la clause définit les événements à caractère
politique comme «insurrection, mouvement populaire prenant la forme d’une
révolte populaire, mutinerie et/ou putsch militaire, soulèvement populaire,
rébellion, révolution, prise de pouvoir par des militaires ou des usurpateurs,
proclamation de la loi martiale, ou de l’état de siège ainsi que tout événement
ou circonstance entraînant la proclamation ou le maintien de la loi martiale ou
de l’état de siège».
La
définition des événements à caractère politique intègre également toutes les
actions perpétrées par des groupes de personnes, dans le but soit de soutenir
le gouvernement, soit d’obtenir de lui un changement politique et/ou de
l’influencer, et prenant la forme d’une révolte, d’une révolution, de conflits
inter-communautaires ou simplement un conflit entre partisans et adversaires du
gouvernement.
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Malick SYLLA
(Source : LJE N° 485-486)
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