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Hebdomadaire d'informations économiques sur le Sénégal et les pays de l'UEMOA
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OPINIONS ET ENJEUX

Les flammes de l'impuissance française

Michel Marcus, Magistrat
(Photo : Internet)

PERSPECTIVES

La formation des entreprises, un gage de compétitivité


ACTUALITES

31e conférence permanente des chambres consulaires africaines et françaises : Dakar assure la tutelle


ACTUALITES

Secteur du gardiennage : les professionnels veulent assainir


PERSPECTIVES

Coopération entre le Sénégal et les Etats-Unis : un nouvel outil pour les exportateurs d’Afrique de l’Ouest


FINANCE

Assurance : la Fanaf évacue le risque politique


ENTREPRISE

Recherche en Biotechnologie : quelles perspectives pour l’Afrique ?


ACTUALITES

Gouvernance d’entreprise : l’Afrique se met à jour


PERSPECTIVES

PÉTROLE : l’énergie au cœur des préoccupations de l'Etat sénégalais


OPINIONS ET ENJEUX

Pour qui sonne le glas de l’Amérique


PERSPECTIVES

INTERVIEW … M. Abdou Salam Sall, Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar : «La Banque mondiale cite les dynamiques actuelles au niveau de l’Ucad»


ACTUALITES

Entretien… … Avec Mamadou Lamine Niang, nouveau président de la CPCCAF

M.L.Niang Pr. CCIAD
(Photo : Internet)

PERSPECTIVES

Coopération : un nouvel accord commercial entre le Maroc et le Sénégal


FINANCE

Perspectives économiques 2006 : Le transfert des émigrés en vedette


PERSPECTIVES

Sonatel- Mobiles : le millionième client fêté sur fond de baisse de tarifs


UEMOA

Côte d’Ivoire : désaccord sur le prix du cacao

Cacao Ivoirien
(Photo : Internet)

OPINIONS ET ENJEUX

CHRONIQUE ÉCONOMIQUE : Qu’est-ce qui se passe en France ?

Michel Rocard, ancien 1er ministre français
(Photo : Internet)

PERSPECTIVES

Enseignement supérieur : l’Uemoa harmonise les droits d’inscription


OPINIONS ET ENJEUX

Chronique économique : Face au déchaînement de la nature


PERSPECTIVES

Traitement fiscal : Vers l’égalité entre homme et femme en 2006


ENTREPRISE

Une classe de plus pour l’école de Toubacouta


INTERNATIONAL

Etats-Unis : Deux géants des télécoms face à face

 


Point de Mire v

Nouvelle page 1

France : de la fracture sociale a la facture culturelle

La violence de la révolte des jeunes des banlieues françaises est inacceptable et intolérable. Elle n’en constitue pas moins un énorme défi pour la France qui étale, à la face de l’opinion mondiale, les failles et limites de son modèle tant vanté d’intégration des immigrés. Bâti sur le concept ancien d’assimilation aux valeurs républicaines et à l’identité françaises, qui a déjà fondé le système colonial français, cet ambitieux paradigme dépasse la simple convergence économique et sociale pour embrasser et chercher à forger le tréfonds culturel des nouveaux venus dans l’espace français.

Par ce fait, la France a toujours cherché à affirmer son exception, en se distinguant très nettement du modèle anglo-saxon adepte du communautarisme et de l’acceptation des différences culturelles et de l’autonomie de gestion. En même temps, ce choix lui impose un supplément d’effort et, surtout, un devoir de justice et de préservation absolue de l’égalité des chances entre tous les citoyens, anciens et nouveaux, sans lesquelles la proclamation du projet d’assimilation ne serait rien d’autre qu’une vaine rhétorique.

Par leur soulèvement qui a duré plusieurs semaines, les jeunes Français issus de l’immigration ont voulu manifester, clairement et crûment, aux autorités publiques leur doute sur la réalité du modèle d’intégration officiellement affiché. Ils ont aussi cherché à souligner l’inadaptation des solutions jusqu’ici apportées à leurs problèmes de tous ordres et dont le cœur réside dans le sentiment de rejet de la société française à leur encontre. A la fracture sociale, chère à Jacques Chirac, qui sépare, de façon verticale, les riches et les pauvres, vient ainsi se greffer une béante fracture culturelle qui, de manière horizontale, divise de fait la société française entre les «inclus culturels» (les Français de souche et les immigrés d’origine occidentale qui, paradoxalement, se diluent très vite dans la société) et les «exclus culturels» (tous les autres) qui composent ce qu’on peut appeler la France périphérique.

Détenteurs, pour une bonne partie d’entre eux, de la citoyenneté française, ces derniers n’en demeurent pas moins très à l’étroit dans un pays, la France, qui leur montre, chaque jour, par des faits (la discrimination à l’embauche) et gestes (le soupçon que la police fait peser en permanence sur eux, à travers ses contrôles), qu’ils ne sont pas des citoyens comme les autres. La gaffe calculée du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui a usé, maladroitement et opportunément, du terme de «racaille» (qui se traduit en rebut et en ce qu’il y’a de plus abject dans la société) pour qualifier les émeutiers qui brûlent des voitures, symbolise parfaitement ce sentiment de mépris.

Conscients du malais banlieusard et des risques qu’il fait peser sur la sécurité publique, les gouvernements français successifs ont multiplié les initiatives et programmes. Une politique de la ville axée sur le développement social des quartiers et sur la rénovation de l’habitat a été mise en place au cours des vingt dernières années, ainsi que des mesures d’incitation pour attirer les entreprises et les emplois dans les banlieues pauvres (dénommées «zones franches») qui accueillent pour la plupart des familles d’immigrés. Malgré les sommes colossales engagées, la défiance des immigrés ne s’est pas pourtant amoindrie, devant le constat qu’ils ne peuvent pas, à compétence égale avec les Français de souche, dépasser un certain palier («le seuil de l’exclu culturel») dans l’entreprise ou dans les services publics, qu’ils sont enfermés dans des ghettos, même rénovés, et que leur dispersion dans les banlieues aisées ne s’effectue que difficilement, devant la résistance de certains élus et de leurs administrés.

Tout ceci prouve que la seule et unique voie pour la France de combler le vide qui le sépare de ses immigrés est de leur redonner confiance en faisant de leur différence culturelle un atout dont il faut s’enrichir (la francophonie le fait si bien avec le patrimoine culturel africain) et non un handicap. Au demeurant, ce serait illusoire de décréter la fin de l’histoire en cherchant à fixer pour de bon ce qu’est l’identité française et d’imposer à tout nouveau citoyen de s’y adapter entièrement. Car cette identité a évolué au gré des siècles et continuera à le faire sous l’effet d’influences de nature différente. Le corollaire de tout cela, c’est que les immigrés et leurs enfants doivent pouvoir vivre parallèlement l’enracinement dans leur culture d’origine et l’ouverture à la culture française. La France doit également leur aménager le cadre idoine pour leur permettre de remonter, comme tout citoyen français, l’échelle sociale, grâce à l’éducation, à l’insertion professionnelle et à la mixité du logement, et occuper, dans toutes les sphères de la société, les positions dignes de leurs talents.


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Dernière mise à jour : lundi 28 novembre 2005
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